UTMB 2006, chroniques d’une course rêvée
Etienne Fert
Chamonix, 19h
Quelques minutes
avant le départ, je descends dans l’arène du départ de l’UTMB
2006. La place Jacques Balmat est noire des quelques 2500 coureurs qui prennent
le départ. Réjouissons nous qu’autant de coureurs aient la chance de se lancer sur cette course mais
le moment est pénible dans cette foule compacte. Je retrouve mes souvenirs du marathon de Paris. En dehors de cette foule suffocante alors que je suis plutôt habitué à la quiétude des
sentiers quasi déserts, je suis aussi angoissé devant l’épreuve qui m’attend. Ais-je vraiment récupéré d’un mois de Juillet plus que chargé avec la Hardrock 100 Miles et d’autres balades dans les parcs nationaux américains ? Jusqu’à quelques jours
avant la course, je ressentais un fond de fatigue pas encourageant du tout. Avec quelques jours de repos
complet, les sensations sont meilleures mais ce n’est peut-être qu’une
impression qui va rapidement disparaître avec les premières heures de course. Pour ajouter une motivation au retour sur cette course, j’ai aussi agrémenté le
plat déjà consistant avec un objectif
ambitieux : finir en 30 heures. Avec un final moins dur qu’en 2004, des pauses moins
longues et enfin un vitesse, au moins au départ, plus rapide, je pense que l’objectif est à ma
portée mais seulement si je suis dan un grand jour. Après quelques minutes de
piétinement dans les
rues de Chamonix, je peux enfin arrêter de gamberger et agir.
Col de la
Voza, 20h50
Sans me mettre dans
le rouge, je suis parti assez vite sur le sentier jusqu’aux Houches puis dans
la montée au col de la Voza. Je souhaite me mettre sur les
rails du plan de marche que j’ai défini pour arriver en 30h. Résultat, je
pointe avec 15 minutes d’avance sur ce plan au sommet du col. Rassurant, incontestablement, je me lance dans la descente
sans précipitation avec l’intention de maintenir cette avance tout en baissant un peu mon rythme.
Les Contamines, 22h23
J’ai souvent essayé
de visualiser la sensation des coureurs du tour de France qui escaladent l’Alpe d’Huez entre deux haies humaines de supporters. Ce soir, c’est travaux
pratiques. Je n’ai pas la prétention d’être un sportif de haut niveau mais
c’est bien comme tels que les coureurs sont accueillis dans les rues des Contamines. Même si la prudence est plutôt de règle depuis la Voza, je me laisse porter par ces encouragements pour
accélérer et piquer un petit sprint au milieu de cette haie humaine.
Nant-Borrant, 23h45
Le calme et la
sérénité sont revenus sur la course dans ce début de la longue montée
vers le col de la Croix du Bonhomme. D’autres encouragements plus intimistes nous accueillent. Ce ne sont pas des bravos qui jaillissent mais
des ‘’allez’’ ou ‘’hop, hop’’ rythmés. Peut-être à tors, je perçois dans ces encouragements comme une
incitation à aller plus vite. Désolé mais je fais ce que je peux ! Le message est probablement involontaire de la
part des spectateurs mais c’est bien ce que je perçois dans ces cris et c’est désagréable voir démotivant.
Descente
vers les Chapieux, 1h30
Après le coup de
blues du début de la montée, j’ai régulièrement dépassé des groupes de coureurs dans la
montée et maintenant, je prends mon pied dans cette descente. C’est technique,
glissant et beaucoup de coureurs redoutent cette descente. Je m’y amuse à improviser mes appuis en fonction des
obstacles du chemin. Sans
prendre de risque, je m’éclate tout en me ménageant
musculairement. A
l’arrivée aux Chapieux, j’ai 15mns d’avance sur mon plan de marche.
J’ai grignoté une petite partie de mon capital du col de la Voza
mais je n’ai pas entamé mais réserves et je me sens toujours frais, capital
inestimable pour la suite. Je n’entre même pas dans la salle du ravitaillement
que je suppose noire de monde et je remplis simplement mon réservoir d’eau. Les barres me suffiront pour poursuivre jusqu’à des
ravitaillements moins encombrés.
Montée
vers la Ville des Glaciers, 2h30
Je cours !!! Vous
allez me dire, rien d’exceptionnel pour une course à
pied mais là je suis en montée. Sur cette route goudronnée, je reprends la
marche dans les portions plus raides, mais quand la pente devient plus
raisonnable, je me fais un plaisir de relancer. Au cours des deux éditions précédentes, l’idée ne
m’était même pas venue à l’esprit sur ce tronçon. Là, ce n’est pas la contrainte qu’un esprit compétitif pourrait m’imposer
mais le simple plaisir de me dégourdir les jambes. Pour la première fois,
l’idée me traverse l’esprit que je suis peut-être dans un grand jour, comme je
n’en ai peut-être
jamais connu. Pendant cette montée, je discute de temps en temps avec un
coureur qui a reconnu mon bonnet de la Transjurassienne.
En 2006, il a finit la
course en 4h30. Et moi en 7h15 … C’est clair, j’ai encore quelques progrès à
faire pour améliorer ma glisse sur des skis de fond.
Montée
vers le col de la Seigne, 3h20
Soudain, à la sortie
d’un des lacets du début de la montée, un étrange équipage se profile devant
moi. C’est un VTTiste qui pousse laborieusement son vélo. Je ne sais pas
quelle mouche l’a piqué de partir sur ces sentiers surpeuplés en VTT mais je le
plains sincèrement. Même
si la route est encore très longue pour moi, je savoure le plaisir de cette
montée sans effort ni poids encombrant.
Refuge Elisabetta, 4h15
15 minutes, mon avance sur le tableau de marche s’est stabilisée.
J’ai simplement tendance à aller un
peu plus vite que le plan dans les montées et un peu moins vite dans les
descentes. Au
ravitaillement, je prends ma première soupe au vermicelle. Idéal pour manger
salé et chaud sans s’encombrer l’estomac. Je l’agrémente de Coca et de biscuits salés Tuc. Jusqu’à
la fin de la course, ce sera le même régime aux ravitaillements avec quelques variations et, chaque fois, j’y arriverai avec un appétit renouvelé, sans faille. Côté réservoir d’eau, j’agrémente l’eau avec du Coca. Là aussi, le
régime me satisfera jusqu’à l’arrivée. Ce sera mon premier trail
long sans aucun problème gastrique ou d’appétit.
Arête du
Mont Favre, 5h50
J’ai avalé cette
montée presque sans m’en
apercevoir, en grande forme. Au sommet, j’ai maintenant 30 minutes d’avance sur mon tableau de marche et 1h40 d’avance sur mon temps de
passage de 2004. Par
rapport à cette année où j’ai été très heureux de finir en 35h, c’est une autre
course que je suis en train de faire. En 2004, le jour était levé depuis longtemps à ce stade
de la course. Aujourd’hui,
j’aperçois simplement les toutes premieres lueurs à l’horizon.
Courmayeur,
6h37
Pour gagner du
temps, j’ai décidé de ne laisser aucun sac d’affaires à Courmayeur. En arrivant au contrôle, on
m’indique le ravitaillement dans le fondu bâtiment. Je n’ai pas envie de faire l’aller-retour alors j’emprunte
simplement une bouteille d’eau pour remplir mon réservoir et deux minutes après
je suis de nouveau sur la route, avec la gniaque.
Refuge Bertone, 8h
Je profite de mon
avance qui est maintenant de 40mns pour faire une petite pause crémage des parties sensibles avec de la crème
anti-frottement. Un coureur arrive et lance à la cantonade : ‘’Il est frelaté votre Coca !’’. Interloqué, je lui rétorque que j’en ai bu des
litres depuis le début de la course et que je me porte à merveille. Il me répond que je suis le seul et que beaucoup d’autres coureurs ont des soucis
gastriques à cause de ce Coca. On rêve … J’imagine bien les organisateurs aller acheter des centaines
de litres de Coca à un odieux trafiquant qui revend ce liquide frelaté. Et pourquoi pas un coureur qui
aurait empoisonné avec une seringue toutes les bouteilles de Coca pour gagner
de nombreuses places. Il
faudra un jour que les grincheux se rendent compte que les soucis gastriques
sur ces longues courses sont très rarement dus à une mauvaise nourriture mais
plutôt à un départ trop rapide ou à une mauvaise gestion de son ravitaillement. Je parle d’expérience, je ne compte plus les soucis de ravito que j’ai pu avoir sur d’autres courses mais je n’ai
jamais rejeté la faute sur les ravitos de l’organisation.
Chemin en
balcon vers le refuge Bonatti, 9h
On en oublierait
presque la course. Un coup d’œil à gauche en marchant et la vue est absolument
grandiose sur les glaciers du versant nord du massif du Mont Blanc. Avec le blanc des neiges, le bleu
du ciel et le vert des prairies, c’est un paysage de rêve qui s’offre à nous.
Arnuva, 10h20
Après une matinée
agréablement fraîche, le soleil a maintenant réchauffé
l’atmosphère et je
dois modifier la tenue pour passer en configuration plus estivale. Je mets un
collant court. En revanche, je dois garder le sous-vêtement chaud que j’avais dès le départ. Il était
idéal pour la fraîcheur de la nuit et comme les prévisions
météo donnaient initialement un temps nuageux pour cette journée, je n’avais
pas pris la peine de prendre un sous-vêtement plus léger dans mon sac. C’était un risque assumé, lié à
l’absence de sac déposé à Courmayeur. Pour l’instant, le tee-shirt chaud est
très supportable mais je redoute la fin de la descente du Val ferret, à basse
altitude dans l’après-midi
chaude. Je profite
aussi de l’arrêt pour m’enduire de crême solaire. Une kiné visiblement désœuvrée saute sur l’occasion pour m’aider à étaler
la crème et en même temps faire un massage. Son diagnostic est positif sur mon
état musculaire même
si je commence à avoir mal aux jambes.
Montée
vers le refuge Elena, 11h
Il fait beau, les
paysages sont superbes, j’avance bien et tout d’un coup j’entends un bruit
sourd de roulement. Un coup d’œil vers le haut de la pente et j’aperçois une
énorme pierre qui est en train de débouler sur la pente raide herbeuse. Impressionnant, elle passe à une
vingtaine de mètres devant moi. Un bon rappel, je ne suis pas seulement en
course, je suis en montagne et la vigilance est toujours de rigueur.
La Fouly, 12h55
Rien à dire sur
cette montée au Grand col du Val ferret, puis sur la première partie de la très
longue descente du Val ferret. Ca roule. Toujours 40mns d’avance sur le tableau de marche et
2h20 par rapport à mes temps de passage de 2004. Peu après le ravito, nous tombons sur un contrôle inopiné. Le bénévole
nous explique que ce contrôle a été mis en place parce que, l’année précédente, quelques tricheurs avaient fait ce tronçon sur la route qui est parallèle au
chemin, certains
empruntant même une voiture. Surréaliste !!
Champex Lac, 15h30
Même si j’ai pu y
garder un bon rythme de course, la deuxième partie de la longue descente du Val Ferret m’a atteint le physique et le moral. J’ai géré dans la montée vers Champex Lac mais la pause est tout de même la bienvenue. J’hésite tout de même à récupérer le sac que j’ai laissé
pour cette base. Je
suis finalement autonome tant du point de vue équipement qu’alimentaire. Comme
le sac m’arrive dans les bras avant même que j’aie pu m’asseoir, je ne le
refuse pas et j’en
profiterai pour y laisser deux trois petites choses dont je n’ai plus besoin.
Je suis maintenant persuadé que sauf en cas de météo très défavorable, il est
possible de faire toute la course sans laisser aucun sac aux bases de vie, ce
qui permet de gagner un temps significatif. Côté temps, je repars de ce point avec une petite
demi-heure d’avance sur mon plan. Même si celui-ci tient compte d’un ralentissement progressif
après le milieu de la course, je suis dubitatif sur ma capacité à faire la
portion finale en 9h pour atteindre mon objectif alors qu’il m’avait fallu 11h en 2004.
Montée
vers Bovines, 17h
Depuis Champex, je me traîne plus ou moins. Pendant la traversée des torrents qui précèdent le mur de la montée de Bovines, une petite pluie
commence à tomber. Le
mauvais temps promis pour la fin de la journée est arrivé en quelques minutes.
Probablement avec le refroidissement de l’atmosphère, la prise de Doliprane mais aussi l’électrochoc moral
que constitue la montée qui s’annonce, je retrouve rapidement une forme
olympique et la montée est rapidement absorbée en discutant avec une collègue coureuse. Le coup de pompe est passé et je redeviens
optimiste sur l’atteinte de mon objectif.
Trient, 19h
Au départ de cette
course, j’espérais arriver à Trient de jour, non seulement pour rester dans le
plan de marche mais aussi pour éviter la descente vers le col de la Forclaz qui
est assez pénible quand elle est effectuée de nuit. Là, avec des jambes retrouvées, je me suis baladé
dans cette descente et
j’ai encore presque deux heures de jour avant la tombée de la nuit.
Sentier en balcon entre Les Tseppes
et Catogne, 20h30
Au passage du chalet
des Tseppes, j’avais 35mns d’avance sur mon plan. La réalisation de l’objectif qui me semblait à la
limite du raisonnable commence à se matérialiser mais je dois pour l’instant
affronter des conditions extrêmement pénibles. Il pleuvait par intermittence depuis Bovines, mais
là c’est une pluie très dense qui tombe. Avec l’altitude de 2000m et un vent
qui souffle fort, je suis frigorifié. Pour ne pas m’encombrer j’ai gardé ma gore-tex légère à Champex et
laissé la plus grosse dans le sac. Je ne regrette pas ce choix, ce n’est finalement qu’un mauvais moment à passer avant
de redescendre vers Vallorcine
et poursuivre une course à plus basse altitude
jusqu’à l’arrivée. Mais pendant quelques minutes, c’est tout de même un petit enfer, je suis trempé et
frigorifié, ma gore-tex ne peut me protéger efficacement contre ces conditions
très difficiles. J’ai encore une petite polaire de réserve dans mon sac mais je
préfère continuer et rester chaud plutôt que m’arrêter pour un bienfait qui ne sera que
relatif. Je ne perds d’ailleurs pas beaucoup de temps pour sortir la frontale
qui est maintenant nécessaire, surtout au vu du sentier gorgé d’eau, boueux et
donc extrêmement glissant. Le moment le plus difficile de la course et je suis
ébahi de croiser trois randonneurs. Mais dans quelle galère sont ils venus se
fourrer ? C’est en fait les amis d’un coureur qui sont venus à sa
rencontre. Chapeau,
les amis !!
Vallorcine,
21h45
Un arrêt bienvenu
pour se refaire une petite santé après la tempête. Je me nourris encore consciencieusement de soupe, coca, tuc et
autres gâteries et je repars vers le col des Montets ragaillardi et encore capable de courir sur le plat et les petits faux plats montants, même si les jambes sont un peu douloureuses malgré les quelques Dolipranes
pris depuis Champex.
Argentière,
23h10
Comme j’aime à le
dire, ça sent l’écurie. 9kms et 200m de D+ jusqu’à Chamonix. A priori, je suis
largement dans les temps pour finir avant 30h. Si près du but, je pourrais
faire une pause ravito rapide pour finir au plus
vite. L’objectif me
semblant maintenant dans la poche, je m’octroie une pause pour le moral de 10 minutes pendant laquelle je
m’empiffre consciencieusement
de petits sandwichs au fromage et au pâté. Un plaisir.
D’Argentière à Chamonix
Cette dernière
section se divise en deux parties. D’abord quelques kilomètres avec quelques
petites montées. Pour
l’instant tout va bien, le moral est bon et je maintiens un bon rythme de
course. Mais le temps
me semble bien long. Syndrome classique sur cette partie. En contre-bas du sentier, on suit la vallée de Chamonix et l’urbanisation dense de la vallée laisse constamment penser que la ville est toute
proche. Mauvais pour
le moral. Au bas de la dernière montée à partir des Tines, le moral flanchant,
je m’allonge quelques secondes sur le bord du sentier pour soulager mes jambes.
Heureusement un Corse
qui m’a suivi depuis Argentière me remotive et je
vais péniblement le suivre. Le moral défaillant passe carrément au rouge au fil
des minutes qui s’égrènent, la barrière des 30h s’approchant. A 0h45, donc 15
minutes avant les 30h, nous croisons deux personnes qui nous annoncent encore
trois kilomètres jusqu’à Chamonix. Les 30h, c’est foutu. Seul, j’aurais probablement
fait une pause de quelques minutes mais mon collègue corse me remotive. Nous poursuivons à un bon rythme et parvenons
tout de même dans les rues de Chamonix. Un coup d’œil à ma montre : 0h55. Deux coureurs nous dépassent en trombe. Eux
aussi cherchent à arriver symboliquement avant 30h. Nous n’avons pas les
ressources pour les suivre mais la foulée s’allonge et c’est complètement essoufflé que je franchis la ligne. Un dernier coup d’œil à ma montre : 30h00mn26s !! J’éclate de rire,
quelle précision. Comme j’ai déclenché mon chrono au moment du top départ de
l’organisation, je pense que c’est bien mon temps officiel. En fait, on me
crédite de 30h02. Peu
importe, reste le fait que j’ai rempli à un poil près mon objectif initial. Une
course de rêve, pratiquement sans anicroche. La Hardrock
restera le plus beau moment de cette saison mais cet UTMB sera ma plus belle
réussite sportive
depuis mes débuts dans le trail.
Mes temps de passage et
classements à chaque point de contrôle :
|
Tableau des passages |
|||
|
Points |
Heure pass. |
Temps course |
Classement |
|
V-20:50 |
01h49mn08s |
751 |
|
|
V-22:23 |
03h22mn28s |
658 |
|
|
V-23:47 |
04h46mn00s |
559 |
|
|
S-01:08 |
06h06mn51s |
395 |
|
|
S-01:50 |
06h48mn46s |
346 |
|
|
S-03:47 |
08h45mn48s |
259 |
|
|
S-04:18 |
09h17mn22s |
247 |
|
|
S-05:21 |
10h20mn23s |
219 |
|
|
S-06:00 |
10h59mn15s |
204 |
|
|
S-06:37 |
11h36mn24s |
199 |
|
|
S-08:02 |
13h01mn37s |
138 |
|
|
S-09:26 |
14h25mn21s |
148 |
|
|
S-10:20 |
15h18mn50s |
151 |
|
|
S-11:41 |
16h40mn33s |
141 |
|
|
S-12:10 |
17h08mn59s |
|
|
|
S-12:55 |
17h54mn01s |
129 |
|
|
S-14:12 |
19h11mn09s |
133 |
|
|
S-15:31 |
20h30mn30s |
139 |
|
|
S-17:56 |
22h54mn59s |
126 |
|
|
S-19:06 |
24h05mn09s |
119 |
|
|
S-20:16 |
25h15mn38s |
116 |
|
|
S-21:45 |
26h44mn15s |
118 |
|
|
S-23:09 |
28h08mn45s |
123 |
|
|
D-01:04 |
30h02mn50s |
123 |
|
Mon relevé Polar :
