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Récit de lUTMB 2004 Arnaud Coudray, Joël Jung, Etienne Fert
Coureurs : Etienne Fert, Joël Jung, Arnaud Coudray
Support moral et PC course : Vittoria (femme de Joël), Claire (fille de Vittoria et Joël) et aussi toutes les personnes qui ont suivi à distance la progression des coureurs pendant la course grâce au suivi live du site web.
365 jours, une année entière à attendre pour avoir de nouveau lopportunité de se mesurer à lUltra Trail du Mont Blanc. Bref retour en arrière, fin Août 2003, après un été caniculaire, le temps se dégrade soudain et transforme la première édition de lUTMB en une épreuve contre les éléments dont seuls 65 héros finiront vainqueurs à Chamonix. Joël et Etienne présents lors de cette première édition ont tous les deux dû renoncer, à Courmayeur sur blessure pour Joël, et à Champex dans un état dépuisement avancé pour Etienne. Tout de suite après la course, même avec le souvenir frais de ce qui a fini par être un enfer, mûrit lidée de revenir en 2004, pour voir le massif par beau temps et se guérir de cette frustration dun rêve inabouti. Arnaud mis en confiance par un entraînement multi-sports de 48h dans les Vosges, où les sections CAP se sont bien déroulées, décide de prendre lui aussi part à cette aventure. Mais au fait, cest quoi lUTMB ? Lultra-trail est le plus difficile dEurope, et on ne pourrait pas compter plus de cinq trails dune difficulté équivalente dans le monde. Cest surtout une course qui emprunte le mythique GR du Tour du Mont Blanc avec ses formidables paysages et ses vues sur le massif le plus haut dEurope. En chiffres, cest 155km pour 8500m de dénivelé positif dun parcours qui culmine à 2537 mètres et traverse trois pays : la France, lItalie et la Suisse. Première difficulté du parcours, son dénivelé positif bien sûr, mais cest dans les descentes quon peut tout perdre, se blesser ou tout simplement se dégrader musculairement. Et il ne faut pas oublier les nombreuses phases de faux plat dun parcours qui tout en étant un vrai parcours de montagne nen est pas moins roulant sur de longues sections. Il faut donc trouver les ressources physiques et morales dans ces passages pour relancer et courir, même dune petite foulée. |
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La préparation
Pendant quelques mois avant sa course, chacun se prépare au mieux en fonction des circonstances, de ses contraintes et de ses envies. Joël, avant tout spécialiste de VTT a axé la première partie de sa saison sur le raid Valence Gap tout en conservant un fond de CAP. A lapproche de lobjectif, il remet laccent sur la CAP en cherchant au maximum à faire du dénivelé dans la région parisienne : côte de la Revanche, sorties en vallée de Chevreuse et sentier des 25 bosses, avec un maintien de ses sorties en VTT, ce qui lui permet de ménager son moral peu enclin aux nombreuses séances CAP tout en travaillant bien le cardio-vasculaire. Au final, une préparation qui lui aura permis datteindre un de ses meilleurs niveaux en CAP. Seule faiblesse, malgré des séances de musculation appropriées et quelques jours de montagne dans les Vosges, peu dentraînement dans des montées et descentes longues. Il lui faudra être particulièrement prudent dans les descentes pour éviter la mésaventure de lannée précédente. Lobjectif avant cette course est clair : aller jusquà Champex. Pour la suite, on verra Arnaud a lui aussi conservé beaucoup dentraînement VTT pour cet objectif (il fallait bien étrenner son tout nouveau VTT de folie J ). Mais tout de même beaucoup de séances CAP sur le plat et en montée à Montmartre ou à la Revanche. Le dénivelé en montagne manquait cruellement à ce programme. La prise de conscience a eu lieu dans la douleur lors de lentraînement monté par Etienne : le GR54 du Tour de lOisans en 4 jours. Au bout de la 1ère journée, il avait les jambes explosées ! (merci Etienne !!) A 3 semaines de lépreuve, ça fait un peu peur. Mais ces 4 jours en Oisans ont été primordiaux dans sa préparation, lui permettant de bien régler son rythme de course et de renforcer sa résistance musculaire au niveau des jambes en descente. Avec une préparation complétée par quelques exercices de musculation ensuite (merci Yannick et Sophie), il arrive plutôt en forme à Chamonix, mais avec cette énorme appréhension de reproduire le schéma connu en Oisans, soit une explosion des jambes après 4000+. Lobjectif est clair : ne pas partir trop vite, pour atteindre les 110km, et alors peut-être repartir vers Chamonix, si la forme est là. En courant avec Joël aussi longtemps que possible, le temps devrait passer assez vite, et ils devraient mieux contrôler leur rythme en vue de cet objectif commun. Etienne, plus spécialisé dans la CAP, a dabord axé son début de saison sur une préparation de sorties longues pour la Mauritanienne Race 200. Ensuite, bénéficiant de quelques mois de vacances suite à son départ de Philips, il a beaucoup vadrouillé dans les montagnes françaises ou suisses et fait un trek en Islande en autonomie, avec un gros sac qui a permis un renforcement musculaire. Au total, pas loin de 40000 mètres de dénivelé positif souvent en haute altitude agrémenté de quelques sorties vélo dans les Alpes. Seul danger de cette activité frénétique en montagne, le coup de fatigue qui pourrait entraîner une blessure. Après une alerte sérieuse lors du trail du Grand Duc de la Chartreuse, il sest refait une santé pour faire culminer son entraînement lors de la sortie en Oisans, pleinement rassurante. Cest donc relativement confiant quil arrive à Chamonix mais, noubliant pas la difficulté dune telle épreuve, il reste très prudent. Lobjectif incontournable est avant tout de boucler le tour sachant quun temps autour de 35 heures le satisferait pleinement.
La semaine davant-course
Règle dor dans les deux semaines qui précédent un tel événement, faire du jus, baisser sérieusement lentraînement pour ne pratiquement rien faire dans la dernière semaine et surtout éviter tout effort traumatisant pour les jambes. A Paris, Arnaud, obsédé par la nécessité déconomiser ses forces, se ménage dans les escaliers du métro. Dautant plus quil lui fallait courir le tout Paris pour trouver tous les petits trucs oubliés : barres de céréales, bouteilles de St Yorre, bidon bretelle sac à dos, Débutant ou non sur ce genre de course, on se doit de ne négliger aucun détail. Chaque élément mis dans le sac à dos ou déposé dans les sacs portés par lorganisation à Courmayeur et Champex doit être sérieusement étudié. Optimiser le poids bien sûr mais sassurer davoir toujours les vêtements adéquats quelles que soient les conditions météorologiques. Bien choisir son sac à dos. Prévoir ces éléments en fonction de ses temps de passage prévus. Avoir un éclairage adapté, en particulier pour les descentes de nuit. Prévoir le nécessaire pour se refaire une santé à Courmayeur et Champex : vêtements, pommade, et éventuellement médicaments. Compter sur les ravitaillements de lorganisation mais aussi anticiper les lacunes et prévoir différents cas de figure en fonction de son appétit ou de létat de son estomac. Lexpérience de lannée précédente est précieuse mais il faut aussi sadapter aux conditions météorologiques qui seront très différentes. Autre élément essentiel pour le moral, le lecteur MP3 pour se passer de la musique ou, pour Etienne, écouter la radio. Un superbe outil dans les moments difficiles pour sévader de la difficulté de leffort qui finit par être obsédante. Bref, le stress de la course qui arrive avec cette réflexion perpétuelle occupe beaucoup lesprit pendant les jours qui précédent la course. Pour se délivrer de la peur doublier quelque chose, Joël et Etienne font même une check-list pour être sûrs de ne rien oublier. Enfin, le départ pour Chamonix est une sorte de délivrance. Joel, Vittoria, Claire et Etienne partent le Mercredi en voiture et Arnaud les rejoint le lendemain en train où il a déjà rencontré dautres coureurs, une bonne façon de se mettre dans le bain et déchanger quelques informations. Tout ce petit monde est basé dans un charmant chalet à Chamonix avec une superbe vue sur le Mont Blanc (merci Joël pour lorganisation). Jeudi, le temps est assez maussade mais les prévisions restent optimistes à partir du lendemain. Donc, les sacs sont remplis avec lhypothèse qui se vérifiera dun superbe temps pour toute la course. Toutes les occupations pendant ces deux jours sont tournées vers la course. Dormir au maximum en prévision des deux nuits blanches quil faudra passer. Manger de grosses rations de sucres lents. En passant, le blé aura montré une étonnante capacité à décupler de volume après cuisson et il faudra plusieurs tournées et réchauffages au micro-onde pour en venir à bout. Après la réflexion conceptuelle sur les sacs, il faut maintenant passer à la pratique et faire les derniers choix pour les divers sacs. Arnaud, avec léquipement nécessaire pour bien passer en montagne (non, le coupe-vent du marathon de La Rochelle ne fait pas vraiment le poids), doit se résoudre à prendre son sac de 30L, bien sûr un peu plus encombrant mais assez confortable. Après comparaison, les trois sacs font chacun à peu près 3kg sans compter 1,5 L deau. Les seules sorties pendant ces deux jours sont consacrées à aller chercher les dossards et au briefing de la course qui a lieu vendredi quelques heures avant le départ. Un comble, le vendredi après-midi est consacré à une sieste alors quil fait un temps superbe dehors. |
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Un mélange de décontraction, de concentration et de nervosité plane dans lair. Il tarde à chacun de se lancer enfin dans laventure, pour être enfin dans la montagne, dans son effort et tout simplement se faire plaisir. Enfin, lheure daller se positionner sur la ligne de départ arrive. Par hasard, nous rencontrons Irina qui nous a accompagnés sur le tour de lOisans et qui fait la course avec son compagnon, Patrice Mayet. Quinze minutes avant le départ, les coureurs se massent sur la ligne de départ. Peu soucieux de se positionner en tête puisque nous allons tous partir sur un rythme tranquille, nous nous contentons de patienter avec Vittoria et Claire à lautre bout de la place. Les dernières minutes avant de plonger dans linconnu paraissent longues. Nous sommes impatients de partir, de nous mesurer à la bête. Comme un avant goût de tout le parcours, nous avons une superbe vue sur le Mont Blanc, dautant plus que le jour déclinant apporte différentes nuances de couleurs au fil des minutes. |
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Et pan le départ est donné avec la musique de Christophe Colomb en fond.
Un départ en douceur, un petit échauffement dans la vallée de Chamonix, ce tronçon permet de se mettre gentiment en jambes et aussi de continuer à admirer le Mont Blanc qui vire à lorange avant dentrer dans la nuit. Nous démarrons en marche lente avant datteindre la ligne de départ, le temps que la masse des coureurs sétire dans les rues de Chamonix, sous les encouragements et les applaudissements des supporters rassemblés pour loccasion. Un départ qui vous donne la pêche dautant quon perçoit dans lattitude des spectateurs une compréhension du défi qui nous attend. Les organisateurs ont visiblement fait un bon travail de communication pour que la vallée vive aussi cet événement sportif. Comme prévu Joël et Arnaud partent ensembles et se font même un petit plaisir en doublant Etienne. Après une portion de bitume, le parcours rejoint un sentier légèrement vallonné. A la faveur dune petite montée, Etienne repasse devant eux et ils ne se reverront plus jusquà Chamonix. Etienne bien que restant très prudent part sur un rythme un poil plus élevé, toujours avec lespoir de finir en 35 heures. Dautres concurrents visiblement peu conscients des difficultés qui les attendent semblent déjà forcer sur la machine. Peut-être ont-ils simplement déjà décidé de sarrêter à Courmayeur. Au fil des kilomètres, les positions se stabilisent et nous sommes tous les trois plutôt en fin de peloton. Rien de grave, la course nest même pas vraiment commencée. Nous sommes simplement heureux dêtre dans le vif du sujet et la tension sapaise enfin.
Aux Houches, nous faisons un dernier petit coucou à Vittoria et Claire avant quelles nous laissent pour la nuit. Après un départ digne du marathon de Paris, le premier ravitaillement des Houches nest pas en reste. Cest un peu la ruée mais ayant fait des réserves, nous zappons ce ravito pour nous engager dans la première vraie montée du parcours, le col de la Voza. Cest le moment de sortir les bâtons, et ce jusquà la fin de la course, et de se mettre dans le bon rythme pour ne pas gaspiller ses forces. Etienne utilise son cardio-fréquence mètre pour se stabiliser au environ de 130 puls/m en mettant une alerte à 140. Ce système savérera très efficace pour éviter les petites surchauffes quon ne contrôle peut-être pas. Joël impose un rythme à Arnaud sur son feeling. La montée est assez régulière et, bien quayant eu limpression de monter assez lentement, nous arrivons au col dans les mêmes temps quen 2003, probablement le signe dune bonne forme.
Au col, le ravitaillement est encore bien encombré et nous ne nous éternisons pas avant de nous élancer dans la descente douce. La mésaventure de lannée passée est bien dans lesprit de Joël qui est très prudent dans la descente et ne se laisse pas impressionner par les nombreux coureurs qui le dépassent. Le moral des troupes est bon, aidé par la discussion pour Joël et Arnaud. La foule des coureurs est encore compacte et il faudra encore attendre une trentaine de kilomètres avant de trouver un peu de tranquillité. Première conséquence de cette foule, quelques bouchons se créent dans les petites descentes et montées qui précédent Les Contamines. Etienne arrive aux Contamines dans une ambiance de fête à 0h03 et Arnaud et Joël à 0h21. Après être passé devant la poêle à frire qui permet de relever les passages, il faut se frayer un chemin dans la foule pour aller chercher le ravitaillement liquide ou solide désiré. Mieux vaut donc ne pas séterniser non plus à ce ravitaillement.
Lorganisation du ravitaillement est assez catastrophique, probablement parce que lafflux des coureurs désirant rester un peu plus longtemps na pas été anticipé. Il est même assez difficile de trouver de leau, élément pourtant essentiel dans un ravito. Malgré tout de nombreux aliments ou liquides sont à notre disposition et on peut y trouver son bonheur. Joël croise Patrick Hameau (un équipier du raid28 2003) avec lequel il échange quelques mots.
Sortis de ce capharnaüm, nous retrouvons tout de suite le calme de la montagne, dautant que les coureurs sont maintenant bien espacés. Le parcours se poursuit sur une petite route goudronnée de montagne jusquà Ville des Glaciers, 4 kms de montée relativement douce mais où il est difficile de courir sans se mettre dans le rouge. Alors, il faut prendre son mal en patience, marcher et attendre un sentier moins monotone. A ce moment, Etienne refait de nouveau face à une attaque denvie de sommeil. A partir de ce moment, il attendra avec impatience le retour du soleil qui léloigne toujours de cette envie et lui redonnera le moral. Heureusement, la montée vers le col de la Seigne est fascinante. Le fil des lampes frontales est un peu moins continu mais toujours impressionnant tandis que la lune se couche tranquillement pour laisser la place au soleil. Limpression est fantastique en arrivant au sommet du col dans les premières lueurs du jour. Un grand moment deuphorie pendant lequel on oublie la course pour simplement vivre linstant sublime. Pour Arnaud, tout va bien, les montées et descentes senchaînent jusquau lever du jour en conservant le même rythme lent pour arriver avec 3 heures davance sur la barrière horaire à Courmayeur. Il ne trouve pas la nuit très froide (deux couches, Odlo + polaire sont suffisantes) mais le lever du soleil est le bienvenu pour réchauffer latmosphère et le moral. Vers 7 heures, un petit coup de barre lié au manque de sommeil passe rapidement mais un vrai repos, sera sans doute nécessaire pour affronter la deuxième nuit, peut-être à Courmayeur.
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Joël commence, lui, à éprouver plus de difficultés à suivre le rythme dArnaud qui le décroche un peu et lattend au sommet du col. Ils retrouvent Patrick Hameau, parti plus vite aux Chapieux avec lequel ils feront une partie de la route jusquà Courmayeur. Le jour sétant maintenant levé, la descente jusquau refuge Elisabetha, prochain ravitaillement est plus facile dautant que la vue sur le côté italien du massif est grandiose. Le ravitaillement est plus tranquille. Les coureurs sont maintenant bien marqués par cette nuit et la nervosité a disparu pour laisser la place à une attitude plus zen au moment de se ravitailler. On voit déjà certains coureurs sasseoir pour récupérer. En tout cas, on apprécie la très bonne soupe au vermicelle, le coca de préférence coupé dun peu deau, le pain et aussi le cake. Joël, avec son estomac en béton armé, se délecte des délicieuses portions de fromage et de saucisson. Après une courte portion de plat où Etienne apprécie de pouvoir courir et se décontracter les jambes, il faut remonter 400m de dénivelé vers larête du mont Favre.
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Une bande de basques visiblement en pleine bourre le dépassent. Mais jusquoù iront-ils à ce rythme ? Après vérification, ils se sont arrêtés à Champex. Passé ce col, il ne reste plus quune longue descente vers Courmayeur mais il faut rester sage car la deuxième partie est particulièrement raide et éprouvante pour les muscles. Au col Chécroui, Etienne voit Michel Poletti, lemblématique organisateur de la course. Oui, il participe aussi et profite des ravitos pour se mettre un peu au parfum de lavancement de la course et pour remercier les bénévoles. Cest une surprise de retrouver ici le dossard 17 qui indique sa très bonne place de finisher en 2003. Michel nest probablement pas au mieux de sa forme et cest inutile de linterpeller sur ce sujet. Après le col Chécroui, cest une véritable plongée vers Courmayeur quon voit en contrebas, la descente a été modifiée par rapport à 2003 mais reste exigeante musculairement. Enfin, de retour sur du bitume, Etienne aperçoit Vittoria et Claire qui attendent nos arrivées. Une impression de retrouver la civilisation et le monde après cette nuit loin de tout. Rapide échange de mots : oui, ça va très bien, je suis frais. Non je ne sais pas où sont Joël et Arnaud parce que le portable ne passait pas dans la montagne. Un petit salut et cest reparti vers le ravitaillement tout proche auquel il parvient à 9h20. Un retard d1h30 par rapport à 2003 qui sexplique par une plus grande prudence et aussi par la nuit qui ralenti significativement. En revanche, au niveau de la forme physique tout va bien. Au même moment, Joël et Arnaud sont dans la montée de larête du Mont Favre. Joël a de nouveau des difficultés à suivre le rythme dArnaud mais le retrouve au sommet. Arnaud part dans la descente un peu plus vite, pressé darriver à Courmayeur, il na plus de bretzels !! En fait, il veut tout simplement respecter lobjectif qui est darriver à Courmayeur vers 11h. Joël est prudent dans cette descente quil appréhende parce quelle a été un vrai chemin de croix pour lui en 2003. Patrick Hameau rattrape Joël puis Arnaud dans cette descente. Ils se voient pour la dernière fois. Patrick abandonnera bien plus tard à La Fouly. Arnaud arrive à Courmayeur à 11h19. Il voit aussi Vittoria et Claire, manifestement déçue ne pas voir son papa avec Arnaud qui en est désolé et qui a un petit remord, mais cest la course Joël est de toute façon assez près et arrive 20 minutes plus tard et retrouve à sa grande joie Vittoria et Claire qui font 500m de course avec lui. Claire, du haut de ses 4an ½ : lui demande : Papa, tu as couru toute la nuit, pourquoi ? Euh, je texpliquerai plus tard, cest pas fini. Quand Joël rejoint Arnaud, il est en train de manger sous le soleil : agréable mais pas très malin ! Le soleil est maintenant plus haut dans lhorizon et commence à chauffer sérieusement. La pause à lombre est donc plus recommandable. Chacun vaque aux occupations de règle à cette première grosse étape du parcours : changement de vêtements, étirements, bouffe salée, Malgré une course prudente, Joël se sent un plus marqué quil ne laurait souhaité. Dautant quil connaît la règle de ces épreuves dultra : la course commence véritablement à la moitié du parcours, donc après Courmayeur, la véritable mi-course étant dailleurs plutôt située à Lavachey, 12 kilomètres plus loin. Nétant pas encore prêt, Joël recommande à Arnaud de partir. Il pense ne pas le revoir pendant la course, ce qui savérera vrai.
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Temps de passage à Courmayeur (km 70) :
Etienne a fait un arrêt court mais efficace à Courmayeur : changement de vêtements, pommades, quelques étirements, ravitaillement, crème anti-solaire, sparadrap pour protéger les cicatrices du soleil, remplissage des réservoirs deau, Après moins de 30 minutes darrêt, il repart tranquillement dans Courmayeur. Une curieuse traversée: un passage dans un parking souterrain et surtout, chose inhabituelle sur ce parcours où tous les passants nous encouragent, une indifférence totale des passants. Peu importe, il faut maintenant rester concentré sur le tronçon qui suit et qui est un point névralgique au milieu de la course. La montée au refuge Bertone est sur le papier très difficile : 765m à monter en 3,4 kilomètres. Cest ici que lon peut tout perdre ou tout gagner. Si la montée se passe bien, on repart le moral regonflé vers la suite du parcours et si elle est difficile, la quantité des difficultés restantes attaque sérieusement le moral. Ici, nombreux sont ceux qui se persuadent quils vont arriver et nombreux sont ceux dans la tête desquels lidée dabandon va faire son nid. Pour Etienne, les conditions sont plutôt favorables : avec lheure matinale, la chaleur est très supportable, surtout avec maintenant un équipement plus estival. Le chemin est ombragé et surtout la forme est toujours au rendez-vous. Alors, finalement, cette montée tant redoutée est avalée sur un rythme toujours prudent mais soutenu pour arriver au refuge à 11h05. Le parcours en balcon qui suit est de toute beauté avec une vue splendide vers le massif du Mont Blanc. Malgré une bonne gestion de leffort, les jambes commencent tout de même à être un peu lourdes et il faut se motiver pour continuer à trottiner allègrement sur ce sentier. Quelques petites montées sont là pour briser la monotonie et les quelques randonneurs croisés ne sont pas avares dencouragements admiratifs, toujours très bons pour le moral. Enfin, le chemin redescend vers Lavachey où nous retrouvons le parcours dans la vallée et peu enthousiasmant de 2003. Au ravitaillement, il aperçoit Irina assise sur une chaise et visiblement dépitée. Handicapée par des maux destomac depuis hier, elle ne peut pas se ravitailler depuis le départ. Seule leau claire passe. Sans carburant, la course devient très difficile et, lente en montée, elle ne peut plus courir ni sur le plat ni en descente. Elle commence à se faire à lidée dabandonner, ce quelle fera un peu plus tard. Quand la course nest plus quun chemin ininterrompu de douleurs sans aucun plaisir, labandon est souvent la meilleure solution, même si cest un traumatisme dont on met quelque temps à se remettre. Etienne profite dun petit arrêt pour échanger quelques mots avant de repartir vers la seconde moitié de la course. A peu près 17 heures de course de passé et il en reste autant.
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Sans avoir dormi et après un bon repas, Arnaud est reparti de Courmayeur vers 12h, résigné mais inquiet de continuer sa route seul. Le rythme très raisonnable adopté sur la première partie porte ses fruits: la forme est bonne dans la côte assez raide vers le refuge Bertone et il double des petits groupes de temps en temps. Il fait maintenant sacrément chaud et le sel est le bienvenu pour compléter lhydratation. La gourde deau salée est en revanche imbuvable (cest pas bon !), et est rapidement vidée pour ne pas porter des réserves inutiles. Son hydratation se fait avec de leau claire, lapport énergétique étant assuré par des barres et diverses friandises (fruits secs, bretzels, noix de cajou, lait concentré sucré, compotes, ). Il arrive au refuge Bertone à 13h37 et ne reste que quelques minutes au ravitaillement de Bertone, malgré laccueil charmant des bénévoles. Après un petit coup de blues à Courmayeur, Joël se rassure dans la montée au refuge. Il fait chaud et il aime ça. Un petit air de fête dans cette montée, qui sur le papier promettait dêtre impressionnante. Après Bertone, franchi à 14h19, il sort son lecteur MP3 et cest la fête dans la montagne. Des ailes lui poussent grâce à Massimo Gargia, au soldat Moralès ou encore à Beyoncé. Il chante à tue tête ce qui ne semble pas être du goût de tout le monde malgré sa très belle voix J Grâce à ce dopant sonore, le moral est remonté à bloc et le physique suit, il se sent voler sur cet UTMB.
Après Lavachey, nous avons de nouveau droit à un peu de bitume en faux plat montant. Difficile pour Etienne de courir à ce moment mais cest aussi un bon moment pour se ménager aussi bien moralement que physiquement avant daffronter le col le plus haut du parcours, le Grand Col Ferret à 2537m. Après un début de montée très raide, larrivée au refuge Elena à 13h52 est la bienvenue. Une bonne pause avant de repartir vers les derniers 500m de dénivelé. Il faut maintenant gérer le début dune fatigue bien normale, la chaleur maintenant et enfin laltitude qui rend les efforts plus difficiles. Quelques coureurs sur le ravitaillement trouvent ce cocktail trop carabiné et envisagent labandon. Après 45 minutes deffort difficile, cest le bonheur et aussi un certain soulagement darriver au col pour découvrir le versant Suisse. |
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Et surtout après ces 19 heures de course bien gérées, cest le sentiment profond que maintenant plus rien ne pourra lempêcher darriver à Chamonix et de boucler ce tour mythique. Alors, forcément, leuphorie monte, même si beaucoup defforts restent à venir. Ce mélange de joie et dangoisse en pensant aux efforts restant est très émouvant et les larmes montent aux yeux. Jusquà Chamonix, la sensation de difficulté physique accompagnée de la grande joie dêtre en passe de réussir cette course et de vivre des moments exceptionnels amènera souvent cette forte émotion. Arnaud, après Bertone, fait un bout de route avec un espagnol, très sympa. On est en plein après-midi, sous un soleil de plomb et lhydratation doit être régulière. Sur la fin de la montée vers le col Ferret, il commence à accuser un peu le coup et finit plus doucement. Une bonne petite pause au col à 17h15 pour manger quelques bretzels ( miam !) et il sengage doucement dans la descente. Il se fait donc reprendre par quelques personnes doublées précédemment, mais cest un point essentiel pour réussir dans ce genre de course daccepter les coups de barre momentanés et de ralentir pour laisser son corps récupérer. |
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Joël est dans la montée au refuge Elena où le moral flanche quelque peu. Massimo, vient à son secours !! Mais ça commence à bien faire cette histoire, en plus ça fait mal aux pieds. Une fois la poile à frire passée à 17h34, il sallonge à 3 mètres des pointeurs. Le moral revient vite en entendant 1 arrivant sur 3 demander où est le bus pour le retour à Courmayeur ! Le malheur des uns fait le bonheur des autres et il ne lui en faut pas plus pour repartir de plus belle à lassaut du col Ferret, juste après sêtre goinfré de fromage local et de saucisson aux noisettes (il en restait encore un peu, bien quEtienne était déjà passé par là J ), avec comme boisson de lIsostar rouge année 2004. Remonté par ces dopants, il arrive au col à 18h54. Note de léditeur de ce texte : je respecte les contributions de mes collègues mais je dois ici rectifier une vérité historique. Non, je ne pouvais tout simplement pas liquider le stock de saucisson puisque je nen mange pratiquement jamais pendant une course. Les lecteurs apprécieront eux-mêmes grâce à ce texte qui devrait visiblement avoir le titre de grand mangeur de saucisson.
Le début de la descente vers Ferret est roulant et cest loccasion de dérouler tranquillement pour ménager les jambes déjà bien fatiguées tout en appréciant le paysage. En 2003, les conditions étaient terribles à cet endroit : une descente boueuse dans la nuit, la pluie et le brouillard. Après une fin de descente plus raide, cest un long faux plat toujours descendant jusquau début de la montée à Champex. Les Suisses rencontrés au fil du chemin sont aussi chaleureux que leurs collègues Italiens et Français. Toujours un grand réconfort. Au ravitaillement de la Fouly à 16h08, les bénévoles sont vraiment aux petits soins. Etienne sassoit pour récupérer de la descente et tout de suite les denrées demandées arrivent : coca, soupe, gâteau, Avec un estomac souvent récalcitrant après 10 heures deffort, lalimentation commence à être difficile mais il arrive à ingérer tout de même le minimum pour avoir lénergie nécessaire à cette course. Néanmoins, cette alimentation sur le fil du rasoir entraîne parfois des mini coups de pompes. Il fait une bonne pause avant de se lancer dans le tronçon la Fouly Champex qui avait été terrible lannée dernière dans le froid et la pluie. 4h45 en 2003 pour ces 17kms et 400m de dénivelé alors il veut prendre sa revanche sur cet enfer. Parti prudemment pour digérer tranquillement le ravitaillement, il se remet à trottiner. Pas vraiment agréable cette course, mais ça déroule pas trop mal et le temps passe vite sur ce chemin en balcon. Il trouve un belge au moral vacillant qui laccompagne jusquau ravitaillement de Praz de Fort. Là encore, dorlotés, ils repartent ensembles mais le compagnon ayant trouvé un compatriote le suit à plus grande vitesse. Tant pis, de toute façon le moral est bon alors Etienne reste à son rythme imperturbablement. Très vite le début de la montée vers Champex arrive. Son parcours est déjà bien meilleur quen 2003 mais cette montée avait été horrible. Cette fois, cest tranquillement que la montée est avalée avec la grande joie de la revanche prise sur 2003. De plus, vu son état de forme, larrivée à Chamonix est maintenant sûre et aucune question ne se posera pour le départ à Champex. Pour couronner le tout, peu avant Champex, il rattrape et dépasse tranquillement en courant les deux belges partis plus vite après Praz le Fort, un grand sourire aux lèvres. Pas méchant mais ça fait quand même plaisir J. Au tournant avant le point de ravitaillement, un Suisse célébrant chaque arrivée, souffle dans un cor de chasse. Une marque dattention appréciée à sa juste valeur. Etienne arrive à 19h28 à Champex, 3h15 après être parti de La Fouly et surtout après 24 heures de course, pile dans les temps pour son objectif de 35 heures. Revenons à la progression dArnaud, dans la descente du Grand Col Ferret, les jambes commencent à être marquées, mais il se sent toujours bien. Arrivé à La Fouly à 18h56, il ne séternise pas au ravitaillement et accélère un peu le pas. Il est alors dans un petit groupe de coureurs rassemblés pour une cause commune : avancer ! Lambiance est plutôt sympathique, et ça tombe bien, car en cette fin de journée, il commence à trouver le temps un peu long. Mais dans sa tête, il nest pas loin de boucler la deuxième section à Champex, quil croit être au km 110, à la fin de la descente. Cest là quil prend son plus gros coup dur de la course : il avait clairement mal regardé le profil de la course, et Champex est en fait au km 117, après une montée de 400+ environ. En temps normal, cette nouvelle naurait rien dalarmant, mais après plus de 20h de course, elle lui pèse beaucoup. Pour ne pas risquer de trop ralentir en ce moment un peu pénible, il se cale sur la foulée de ses compagnons de course, et en particulier sur les pas dAntonio, coureur très sympa, avec un bon rythme et un très bon esprit. Un réseau GSM retrouvé permet dappeler Vittoria à Chamonix, afin de lui donner des nouvelles et den prendre de ses petits camarades. Cet appel fait du bien. Les messages dencouragement parvenus à ce moment par SMS (merci Karine) ou sur sa messagerie (merci Matthieu) font aussi très chaud au cur : il y a des gens qui suivent sur Internet sa progression, et il nest pas question de les décevoir. Le petit groupe atteint finalement Champex dEn-Bas et la base-vie tant attendue à 22h34. Le village est mort, et il ny a pas âme qui vive à part lorganisation de lUTMB. Pour Joël, la descente puis le faux plat vers La Fouly est longue mais avec son outil magique, il nen fait quune bouchée. La nuit retentit de son chant vengeur : macekiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, massimooooooooooooooooo. Les connaisseurs reconnaîtront, les autres devront plutôt oublier. La nuit est tombée alors quil se dirige vers Champex mais ce moment difficile à passer ne latteint pas dans son moral. A ce moment, il sait quil ne sarrêtera pas à Champex. La négociation pour la suite nest pas encore terminée. En discutant avec Patrick, avec qui il fait un véritable chassé croisé, il sétonne dobserver à quel point les moments deuphorie alternent avec les moments pénibles, de souffrance. Cette alternance semble connue des spécialistes de lUltra, et Patrick lui confie que les moments deuphorie risquent dêtre de plus en plus brefs.
Champex nest pas un ravitaillement comme un autre mais une base de vie (joli mot nest-ce pas ?), comme Les Chapieux et Courmayeur. Au milieu de la montagne grandiose mais parfois sauvage, cest un havre de paix où on peut manger, dormir, se faire masser et retrouver un sac dassistance tout cela dans un confort certain. Pour les coureurs qui sont arrivés jusque là, cest la dernière décision à prendre. A quelques rares exceptions près, quand on repart de Champex, cest pour finir la boucle à Chamonix. En règle générale, ceux qui sont arrivés à Champex avaient comme objectif initial daller jusquà Chamonix (Joël et Arnaud sont plutôt des exceptions). Après un parcours déjà éprouvant, il sagit de repartir, pour beaucoup dans la nuit, pour affronter les 40 derniers kilomètres et 2300m + de cette boucle. La décision est donc parfois difficile à prendre et nombreux sont ceux qui jettent léponge, ne trouvant pas les ressources morales ou physiques pour se relancer dans laventure, ou tout simplement ne trouvant aucune bonne raison de continuer cette galère. Inutile non plus de trop brusquer lesprit et le corps. Quand on a décidé de continuer, il sagit de bien récupérer pour repartir avec un nouvel élan et la rage aux dents. Voilà comment nous avons abordé ce moment charnière dans la course. Etienne est arrivé à Champex maintenant assez marqué mais plutôt en bonne forme. Ayant pour objectif initial la boucle complète, aucun doute dans son esprit, il repart de Champex et sait depuis longtemps quil ira jusquau bout. Aidé par les quelques cafés et thés pris dans la journée, il na pas envie de dormir et décide de repartir rapidement pour profiter de lheure de jour qui reste, quitte à dormir plus tard à Trient ou Vallorcine. Il prend tout de même le temps dune douche. La sensation est merveilleuse sous le flux deau chaude avec leffet massant du savonnage. Il ressort propre, beaucoup mieux physiquement et le moral remonté à bloc. A tel point quen se ravitaillant et en se préparant à repartir il essaie de convaincre de repartir les quelques coureurs autour de lui qui hésitent à repartir. Au moment de passer devant la poêle à frire pour repartir à 20h, une petite question aux bénévoles : à quelle place suis-je ? Réponse : 121, encore une bonne nouvelle pour le moral. Au fil du dépassement de coureurs et des abandons, ce chiffre a baissé mais il était encore de 180 à La Fouly. Le gain de places est dû aux abandons mais aussi à larrêt assez court de 30 minutes. Un petit risque pris par rapport au manque de sommeil mais qui peut savérer payant. En repartant il passe un petit coup de fil pour tenir au courant et encourager Joël et Arnaud quil suppose toujours ensembles. Revigoré par cette douche et heureux dêtre en passe de finir la boucle à une belle place, il est euphorique au téléphone. Déjà, il est en train dimaginer et de vivre la joie de larrivée. Mais cest encore de grosses difficultés qui lattendent jusquà cette arrivée. Arnaud tombe de sommeil en arrivant à Champex et va immédiatement se coucher. La montre est programmée pour un réveil vers 23h30, ce qui devrait permettre de profiter de 45 bonnes minutes de sommeil. Il demande aussi à être réveillé par les bénévoles à 23h30 par sécurité. Lobjectif est de repartir vers 24h00. A ce stade, la forme est bonne, la nuit va être belle, alors aucun doute, il repart et veut être de la fête pour la suite. Lendormissement est difficile car les jambes font souffrir dès quelles sont allongées (il aurait fallut mettre quelque chose pour surélever les pieds), mais le sommeil finit par gagner la partie. La sonnerie de la montre le secoue violemment à 23h30. Un peu perdu, il se lève machinalement, ramasse ses affaires, se change, mange un peu, et se prépare à repartir. Le compagnon de route, Antonio, a fait soigner ses ampoules et il sapprête aussi à repartir. Arnaud préfère terminer de manger calmement en espérant le retrouver plus tard. Lambiance est assez extra-terrestre dans la salle à manger, où chacun sinterroge sur sa capacité à repartir, cherche des compagnons de route pour la suite, ou cherche tout simplement ce quil fait là ! Pour Arnaud, la décision était prise depuis longtemps, et une fois sa compote terminée (pommes - myrtilles, excellent), il plie et sort dans la nuit. Joël est arrivé à Champex à 0h57. Au total, il sarrête 1 heure avec 15 minutes de sommeil, traitement des petits bobos et ampoules, étirements et massages. Champex était le véritable objectif, fixé par rapport lexpérience de 2003. Néanmoins, les conditions climatiques étant bonnes, il semblait possible de continuer et donc tout est prêt à Champex pour cette éventualité. Très fatigué, Joël na pas du tout envie de repartir pourtant il décide de continuer pour les raisons suivantes: - Je me suis investi en temps avant la course, ce qui coûte à ma famille. Je voulais prouver à Vittoria et Claire que jétais capable daller au bout, et que je navais pas fait pas tout ça pour rien. - Le soutien de léquipe Xtreme-raidup, avant la course, et pendant a été très fort, coup de fils, SMS, messages dencouragements, le terme déquipe prenait là tout son sens, même sur cet objectif individuel - Le soutien dautres, Jean-Luc, Pierre-Etienne, et mes parents qui se sont levés toutes les 2h pour voir les résultats. - Savoir quEtienne et Arnaud avaient continué minterdisait complètement de marrêter. - Savoir qu il ny aurait que 400 ou 500 finishers était motivant. - Ne plus avoir à revenir. Tout cela faisait que je me devais de continuer. Pas le temps de manger, Joël repars donc doucement en senfilant 2 tranches de Gatosport.
Temps de passage à Champex (km 115) :
Nos trois héros sont repartis de Champex. Sauf incident, ils arriveront à Chamonix mais avant cette délivrance, ils doivent affronter les deux grosses montées de Bovines et Tseppes pour finir par le sentier des Gardes au dessus de Chamonix qui sest construit une réputation redoutable sur les forums du web traitant de lUTMB. Ayant quitté tranquillement Champex en passant quelques coups de fil, Etienne trottine maintenant à petite allure avant le début de la montée à Bovines qui est probablement la plus dure du parcours. Il a fait une reconnaissance de cette partie du parcours quelques semaines plus tôt et il, sait que ça va se gâter. Deux coureurs plus rapides le dépassent. Pas dinquiétude, ayant passé peu de temps à la base de vie, il est logique que des coureurs un peu plus rapides mais arrêtés plus longtemps le dépassent. Après un début en faux plat, la pente saccentue et le sentier traverse quatre torrents avant darriver au bas du mur terminal. Aucune exagération, la pente est effectivement très raide et, malgré des lacets, cest bien pas à pas quil faut avancer dans cette énorme pente. Beaucoup de racines et de rochers et parfois des marches énormes à franchir, qui nécessitent dutiliser les mains. Mieux vaut en avoir encore sous le pied pour affronter ces 300 mètres de dénivelé sans péter une durite. Heureusement, Etienne connaît la montée et adopte un bon rythme régulier que deux autres coureurs arrivés derrière sempressent de suivre. Après 20 minutes dans la difficulté, lun des coureurs se décourage et veut faire une pause. Dommage, lui rétorque Etienne, le sommet est à 10 minutes et effectivement cest bien dans ce temps que le sommet est atteint. La nuit est maintenant de nouveau tombée. Après un parcours en balcon éclairé par la lune avec pour vue en contrebas la vallée de Martigny et ses lumières, Etienne arrive à au ravitaillement de Bovines à 21h48. Lendroit est balayé par un vent froid mais lambiance du ravitaillement nous réchauffe. Etienne tente de rassurer une coureuse: après une petite montée, la descente qui suit est longue mais assez roulante. Malencontreuse erreur, et en passant toutes ses excuses à cette coureuse qui a du avoir une sérieuse déconvenue : de nuit, avec les multiples cailloux qui la jalonnent, la descente est en fait très pénible et très longue jusquau col de la Forclaz. Ensuite, pour éviter la route par mesure de sécurité, le parcours part en balcon pour plonger sur Trient par un sentier très raide et merdique où il est bien difficile de tenir debout. Par temps de pluie, ce sentier se serait transformé en séance de toboggan boueux. Très marqué par cette descente, il arrive à Trient à 23h39. Presque deux heures pour cette descente !! Le moral est bien bas et lobjectif de finir en 35 heures semble plus difficile à atteindre. En repartant de Champex vers 0h, Arnaud se sent bien. Seul au début, il est rattrapé par un premier groupe. La montée devient alors très raide, avec des pierres assez hautes à franchir (on ne lui aurait pas menti ! Merci Etienne du tuyau, cest effectivement du bon !). Il se cale alors dans les pas dun gars qui monte très fort et ensembles, ils atteignent assez rapidement le sommet où Arnaud retrouve Antonio, parti un peu moins vite. Le café proposé au ravitaillement à 1h58 fait beaucoup de bien. Merci aux bénévoles qui tiennent ces ravitaillements avec un sourire constant. Ils descendent ensuite ensembles, toujours tranquillement, et ce malgré la pente très raide sur la fin (qui tient plus du toboggan que du chemin). Il ressent tout juste quelques douleurs assez prononcées sous les pieds, ou plus exactement dans le pied, comme si ses chaussures étaient un peu trop serrées, créant ainsi une pression importante sur ses semelles orthopédiques. Problème incompréhensible, mais ça ne semble pas grave car la progression nen est pas particulièrement gênée. Sur le chemin, ils manquent décraser un coureur qui sétait allongé pour se reposer ! Lunaire ! Au ravitaillement, laccueil est toujours extra malgré lheure tardive (3h53) et la fraîcheur de la nuit. Joël arrive lui aussi dans la montée de Bovines dont il sait quelle est la plus dure du parcours. Pour surmonter la difficulté, il se persuade quil nen fera quune bouchée, et ça marche ! Evidemment, il paye un peu son enthousiasme sur la longue descente suivante. Il souffre pendant la nuit et jusquà la fin de la course dhallucinations : à de nombreuses reprises, limpression de voir des choses au bord du chemin, ou à quelques dizaines de mètres des coureurs arrêtés qui fouillent dans leurs sacs. Ah ben non, cest une souche darbre, un animal bizarre ou un rocher. Et enfin, le bouquet final, pas possible, une femme nue dans un virage !!! En fait, un arbre dont une écorce subtilement arrachée pouvait laisser deviner la silhouette dune femme nue. Nous apprendrons plus tard que dautres coureurs ont eu des hallucinations, et que certains auraient même croisé des crocodiles Le ravitaillement de Trient est franchi à 6h24 alors que le soleil est en train de se lever.
Le profil de ce tronçon est comparable au précédent : une montée raide suivie dune longue descente jusquà Vallorcine. Pour se remonter le moral après cette descente calamiteuse, Etienne sort son lecteur MP3 pris dans son sac à Champex. Un mélange de musique dynamique, planante et parfois mélancolique, idéal pour sévader de leffort physique intense et douloureux. La montée jusquau chalet de Tseppes est raide mais régulière et permet donc de se mettre en pilote automatique. Pour ne pas se mettre dans le rouge, il faut tout de même régler la vitesse à un rythme assez lent. Mais ça finit par le faire et après une heure deffort, le chalet de Tseppes est en vue. Après un petit dialogue bien réconfortant avec les bénévoles qui passent leur nuit à accueillir les coureurs, il faut encore monter 10 minutes pour arriver au sommet, un sentier en balcon au dessus de la vallée de Vallorcine. Un gros ouf de soulagement, même sil en reste encore deux petites, cétait la dernière longue montée de la course. De jour, la descente qui suit est assez roulante, mais là encore la nuit et la fatigue transforme cette section en petite galère, surtout avec quelques passages marécageux. Et merde, les pieds sont pleins de boue À lapproche dune remontée mécanique, Etienne aperçoit deux personnes qui attendent. Un moment angoissé de rencontrer deux inconnus dans la nuit, ils le rassurent vite : vous rentrez en France, ravitaillement volant avant Vallorcine. Quel bonheur, le retour en France sent bon la fin de course même si elle est encore loin et les bénévoles sont toujours aussi sympathiques. La descente se poursuit et Etienne arrive à Vallorcine à 2h51. Au total, il a mis presque 7 heures sur cette section et donc 2h30 de plus que lors de la reconnaissance. Pas bon pour le moral, alors il fait encore une bonne pause assit dans la salle du ravitaillement pour se remotiver pour la dernière section. Après une bonne soupe, Arnaud repart de Trient pour la montée à Tseppes. Il est agréablement surpris de ne pas souffrir de la fatigue et commence à prendre beaucoup de plaisir. Ses jambes le portent à un rythme régulier, à la fois en montée et en descente : le bonheur de la sensation de pouvoir progresser indéfiniment en mode automatique, assez enivrant, bref il est en état de grâce. Voilà qui est bien mieux quune bonne cuite entre copains ! Après cette montée, hop, il bascule dans la vallée vers Vallorcine, toujours à un bon rythme, maintenant en compagnie dAntonio seulement. Les hallucinations sont assez nombreuses, mais rien de grave: cela se caractérise par limpression de voir des coureurs assis très fréquemment sur le bord du chemin alors quil ne sagit que de souches ou darbres morts. Ils arrivent ensemble à Vallorcine à 6h56 au petit matin. A Trient, Joël est fatigué, et en a marre ! Il décide de dormir 15 minutes de plus. Le bénévole, super sympa, propose de le réveiller. Ok ! mais tu m'oublies surtout pas'. Pas de problème, ils ne lont pas oublié, son collègue le réveille même au bout de 5 minutes à peine. Tant pis, maintenant il faut y aller. Encore une montée, et limpression de pouvoir encore en monter 50 comme ça. Puis encore une descente, vers Vallorcine et limpression nette qu il faut que ce soit la dernière. Joël y perd énormément de temps, et une bonne trentaine de places. Les genoux commencent à faire mal. Arrivé à Vallorcine à 9h45, cest maintenant difficile de marcher en descente. Toujours pas de souci pour monter, ni pour courir en faux plat, donc ça devrait aller.
Allez, cest bon, 16 kms, y a pas de quoi en faire un plat de cette section. Sauf que lair de rien, il reste 541m de dénivelé positif et surtout la fameuse montée et descente du sentier des Gardes avant Chamonix qui a acquis une sale réputation sur les forums traitant de la course. Des champions dont Dawa Sherpa lui-même lon trouvé difficile... Allons donc voir si cette réputation est méritée. Etienne quitte Vallorcine à 3h. En comptant 4 heures pour faire ces derniers 16 kms, passer en dessous des 35 heures semble faisable. Le moral est donc plutôt bon même si physiquement ça commence à être très difficile. Même sans avoir vraiment envie de dormir, la fatigue consécutive à deux nuits de sommeil est assez pénible. Certains muscles sont douloureux, notamment le bas de la cuisse juste au dessus du genou. Difficile de faire un diagnostic précis, mais chaque départ est très douloureux et même quand le muscle est de nouveau chaud, les descentes font très mal. La montée vers le col des Montets est un doux havre de paix : un bon faux plat à 5% de moyenne pendant 4 kilomètres. La descente qui suit vers Tré le Champ est aussi douce, le calme avant la tempête. Pour la première fois depuis le début de la course, le contrôle / ravitaillement de Tré le Champ est quasi désert. A part la bénévole, aucun autre coureur. Le peloton est maintenant très étiré. Après le croisement de la route, il faut repartir dans les montagnes et laisser sur la gauche la vallée qui plonge vers Argentière et Chamonix. Malgré quelques racines et rochers, le début de la montée nest pas à la hauteur de sa réputation. Un coureur dépassant Etienne demande si les lumières qui sont en contrebas nindiquent pas le début de Chamonix. Mieux vaut se retenir de lui lancer un Putain, mon gars, tu rêves, on est encore à perpette de Chamonix mais plutôt un gentil mais objectif Ah non, là ce nest quArgentière et Chamonix, cest encore à 10 kilomètres, donc très loin. Après de longues sections de replat et petites descentes, la montée se fait plus raide vers le point culminant de ce parcours en balcon le long de la vallée de Chamonix. Pour la première fois du parcours, Etienne se cale derrière un autre coureur pour finir la montée. Une bonne chose, car malgré la joie de sentir larrivée proche, le moral est toujours un peu bas dans la nuit. Il est difficile de se repérer et les quelques hallucinations faisant croire à la présence de randonneurs sur le bord du chemin ne suffisent pas à agrémenter la marche. Après la musique, cest maintenant un animateur de radio matinal qui laide à oublier sa pauvre situation. Au poste de contrôle du sommet à 5h40, cest le soulagement : plus que de la descente jusquà Chamonix. Seul problème, la première moitié de la descente est le sentier le plus technique du parcours : racines, gros rochers, sentier peu marqué : cest un véritable enfer dans la nuit. Enfin, au petit jour, le chalet de la Fiora arrive. La bénévole est visiblement déçue du peu dintérêt que suscite son ravitaillement à 3 kilomètres de larrivée. Maintenant, une seule idée en tête : franchir cette foutue ligne darrivée. Après un parcours plus facile sur une piste, la joie de parcourir les rues de Chamonix. Cest le petit matin et rares sont les supporters dans les rues mais tous lancent un petit bravo amical qui fait chaud au cur. Après avoir souvent visualisé et anticipé la joie de cette arrivée, son accomplissement semble assez naturel et sans grosse émotion. Cest surtout un grand soulagement de pouvoir sasseoir sans se dire quil faudra repartir bientôt. Le temps de 35h13 (124eme) est, à peu de choses près, en conformité avec lobjectif, le bilan est donc 100% positif. Juste avant de partir voir Joël à Vallorcine, Vittoria vient transporter Etienne vers le chalet, la douche et le sommeil réparateur. Arnaud vient juste de partir de Vallorcine sans la frontale qui regagne le sac une bonne fois pour toute. Encore un bon café (en alternance avec la soupe), pris assis tranquillement à une table. Avec Antonio, ils commencent à se préoccuper de leur classement : il y a environ 210 coureurs devant. La conclusion est simple : ils doivent accélérer un peu, doubler au moins une bonne dizaine de coureurs, et rentrer comme ça dans les 200 premiers. Le physique est encore bon, donc ce nest pas délirant. Ils repartent donc dun pas soutenu dans le faux plat montant vers le col des Montets, et sont rapidement rattrapés par un coureur manifestement pressé qui court à un rythme élevé. Cest le signal : il va falloir courir autant que possible à partir de maintenant. Un sprint final de 3h sur le sentier des gardes et avec environ 500+, rien que du bonheur ! Arnaud est un peu ralenti par un besoin naturel, mais ensuite, cest tout à droite ! Pendant un moment, il est un peu inquiet de ne rattraper personne, puis passe un premier petit groupe, puis un autre, et encore un autre Il faut se forcer un peu pour soutenir le rythme et il se demande quand la descente finale va commencer. Les premiers randonneurs apparaissent en même temps sur les chemins (non, là ce ne sont pas des hallucinations), avec leurs lots dencouragements, faisant aussi oublier la pression de la course et rappelant la beauté de leffort accompli. Au moins dix coureurs ont été dépassés maintenant, mais ce nest pas une raison pour ralentir : plus le rythme est tenu, plus rapidement il arrivera à Chamonix. Arnaud entame donc la descente au pas de course et commence à sentir la fin approcher. Lambiance de larrivée, la perspective du tour complet accompli et les encouragements du public le portent à finir sur un bon rythme de footing. Quel plaisir de sentir les jambes qui sont toujours au rendez-vous et acceptent volontiers de se donner dans leffort. Il est presque 10h00 et les rues de Chamonix sont pleines de personnes qui nhésitent pas à sarrêter pour applaudir et encourager les coureurs. Lambiance est excellente. Arnaud passe larche darrivée avec une immense satisfaction avec un temps de 37h56 (191eme), et sarrête un peu plus loin pour recevoir le sweat Finisher, prendre un bon coca, répondre aux questions du speaker, et faire encore quelques photos. Cest beau un instant de célébrité au milieu de tout ce bonheur ! Il retrouve Antonio arrivé juste avant et cest lheure des félicitations. Quel moment agréable, quelle course ! Cest maintenant le moment dapprécier latmosphère de fin de course, la plénitude dans laquelle on plonge rapidement, mêlé à la musique et à lanimation des organisateurs autour de la ligne darrivée. Arnaud reste donc un moment à sétirer et à regarder les coureurs arriver. Puis, direction le gymnase / lycée pour prendre une bonne douche, essayer daller aux massages (très bonne expérience sur les Templiers), et prendre un repas. La douche : du grand bonheur, mais cest au 3eme étage ! Aie, ça commence à se refroidir et à se raidir au niveau des jambes. Les massages : top. Laccueil est adorable en plus Le repas, pris avec Antonio et un ami à lui qui na pas pu finir la boucle cette année permet de finir de se remettre sur pieds et de commencer à revivre les meilleurs moments de la course. Fatigué mais pas vraiment denvie daller se coucher. Arnaud préfère continuer de savourer le plaisir du tour du Mont-Blanc accompli. Ensuite direction la ligne darrivée pour accueillir Joël.
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A 10h, Joël quitte Vallorcine. Dans la montée vers le col des Montets, encore une hallucination : Claire et Vittoria courent vers lui. Mais non, cest vrai, elles sont bien là !!! La conversation dhier matin reprend : Claire : papa, tu as encore couru toute la nuit, pourquoi ? Joël : euh, je sais pas, tu membrouilles avec tes questions !!! Au fait Joël, depuis, as-tu trouvé la réponse à la question ? Avec cette très bonne surprise, toutes les douleurs sont maintenant oubliées, et Joël galope à nouveau tel la gazelle. Répit de courte durée, les 12 derniers km avec la montée et la descente du sentier des Gardes seront un enfer. Limpression dêtre quasi arrivé, alors quil lui faudra encore 3 bonnes heures. Le faux plat est technique, et la descente fait mal aux genoux. Heureusement, les encouragements du public sont chaleureux et sincères. Enfin, larrivée à Chamonix. Quelques gouttes tombent, histoire de justifier davoir emporté la veste de montagne. La foule fait une fête à tous les finishers. Vittoria, Claire, Etienne et Arnaud lattendent attablés à la terrasse dune brasserie. Joël fait la joie de tous les photographes et cameramen en passant la ligne darrivé en petite foulées, accompagné de Claire, et après 42h24 de course (354eme).
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Temps de passage à Chamonix :
Pour finir, quelques chiffres : Vincent Delebarre finit premier la course en 21h06, deux heures devant Dawa Sherpa qui na pas pu le suivre après Champex. Philippe Daubignard, 420eme et dernier finisher à Chamonix sur 1500 partants finit la course en 45h31. Un grand bravo à tous les deux et de façon générale à tous les valeureux coureurs qui ont bouclé cette course mythique. |
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Après un peu de repos, nous trouvons un bon restaurant savoyard où nous pouvons échanger sur notre course devant un bon plat du pays. Un superbe moment de détente après la course bien mérité, comme le matelas confortable pour goûter à un bon sommeil réparateur. Un dernier mot : un immense bravo aux organisateurs et bénévoles qui nous ont permis de vivre cette aventure et ont, après deux éditions, transformé cette course en un mythe de lultra-trail. Cest un véritable exploit dorganiser une telle course sur 44 heures et entre trois pays. Alors, même si il est encore possible daméliorer certains aspects, sur bien des points lorganisation sest montrée irréprochable. Quelle en soit donc encore remerciée. Profil pris à laltimètre dArnaud en fonction du temps : |
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Courbes des évolutions des classements par point de contrôle : |
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Le deuxième tableau est calculé en enlevant des classements les non-finishers à Chamonix.
Quelques statistiques sur les abandons:
Evolution du nombre de concurrents en course :
Arrivés à Chamonix (km 155) : 420 Arrêts avant Chamonix H : 71% Arrêts avant Chamonix F : 84%
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