Text Box: Compte rendu du trail l’Ardéchois courru le 1er Mai 2004
E Fert

L’ardéchois, un trail moyenne distance très bien placé au début du printemps comme course de préparation pour les chevauchées montagneuses de l’été. Au programme, 57 km pour 2450m de dénivelé, pile poil le tiers de l’UTMB. Un petit miracle de la météo pour ce 1er Mai, il fait un temps superbe après quelques jours pourris et une semaine qui suivra tout autant pluvieuse. Après la Mauritanienne Race en Mars, un très bon trail de reprise début Avril et surtout l’entraînement raid dans les Vosges, je me sens pas trop mal même si je traîne toujours une petite tendinite au genou gauche qui s’est réveillée la semaine dernière lors d’un entraînement long. 
Fidèle à ma tactique maintenant bien rodée, je pars relativement tranquillement mais tout de même en courant dans les premiers kilomètres qui commencent tout de suite par une montée. Difficile d’avoir des repères parmi les concurrents qui m’accompagnent. Le trail offre malheureusement la possibilité de faire une distance plus courte de 34km. Certains collègues autour de moi, vu leur état, visent visiblement cette distance intermédiaire et c’est assez perturbant de les sentir s’époumoner à ses côtés alors qu’on essaie de gérer son rythme. Après une petite descente au sommet de la première difficulté, le parcours continue dans une montée très raide. Là inutile d’hésiter entre la marche ou la course, la première option s’impose sauf peut-être pour les tout premiers. Au sommet de cette bosse, une superbe récompense, un panorama grandiose sur le Mont Mézenc et le Mont Gerbier de Jonc, encore un peu enneigés. On oublie quelques minutes la course … sans pour autant s’arrêter pour méditer, faut pas pousser quand même, y a un temps à faire. Après une descente tranquille dans la forêt, la suite se corse. La descente se fait plongeante et très technique surtout avec la pluie des jours précédents qui a laissé les sentiers humides et boueux avec quelques passages rocheux aux abords d’une citadelle en ruine. Seul problème, je bouchonne derrière des tortues de la descente et c’est assez difficile de les dépasser sans les pousser dans le ravin. Clou du spectacle, nous passons même par une cascade où l’organisation a installé une corde comme main courante.
La maxime du traileurs des montagnes s’applique : après la descente, on remonte, ici relativement tranquillement. Déjà 20 km de parcourus, je suis encore plutôt frais. Malheureusement à la fin de cette descente, j’ai commencé à sentir ma tendinite qui se réveille et qui va m’obliger sur le reste du parcours à descendre très prudemment. Vous connaissez la deuxième maxime du traileurs des montagnes ? Après la montée, on redescend. Comme quoi, c’est simple la montagne, peu de questions à se poser. Au milieu de la descente,  les parcours du 57 et du 34 km se séparent. Je vais enfin y voir plus clair sur mon classement. Verdict grâce aux pointeurs qui me donnent gentiment mon classement : 65. Sur le moment je suis plutôt agréablement surpris parce que même si je vise une place dans les 50 premiers, je pensais être un peu plus loin. Je saurai après la course que sur 800 partants seuls 200 ont opté pour le long ce qui relativise un peu le classement. Au programme de la suite de la course, deux petites bosses avec au sommet de la première un ravitaillement bienvenu parce que la chaleur fait son effet et j’ai un besoin urgent de refaire le plein d’eau. Je profite du ravito pour dépasser quelques concurrents mais, suite à une erreur sur le suivi du traçage, je me retrouve derrière peu de temps après. Pas bon pour le moral, je réussi à les rattraper mais j’arrive tout juste à suivre le rythme du petit groupe. Pas de second souffle comme au trail de la Chevreuse, et je ne vais pas pouvoir remonter beaucoup de places au classement. Pas de soucis, même si la performance sera moyenne je vais quand même profiter un maximum du paysage. 
Au début de la dernière grosse montée (500 m ), un ravitaillement marque le km 45, donc à 12km de l’arrivée. Je me remotive un peu pour faire la montée au plus vite et gratter quelques places supplémentaires. Malheureusement, je fais encore une erreur sur le balisage … c’est pas mon jour. Me croyant malin, je coupe en diagonale dans la forêt pour rattraper le chemin. Tout se passe bien jusqu’à la lisière de la forêt où, pour rejoindre le chemin, il faut descendre une petite pente raide avec des ronces. Pas le choix, il faut passer. Le bulldozer est en marche mais dans les derniers mètres, je suis déséquilibré et dois faire un roulé-boulé acrobatique pour atterrir sur le chemin … juste devant des concurrents qui arrivent et doivent bien se demander quel est ce clown qui fait le malin en sortant de la forêt. Bilan de l’affaire, j’ai reperdu le terrain que j’avais pris d’avance par rapport au petit groupe dans le début de la montée et là, dégoûté, je n’ai carrément plus envie de me booster. Je termine donc la montée au rythme avant la descente qui d’après le topo est longue mais régulière jusqu’à l’arrivée. Incroyable, après des années de trail, je suis toujours aussi confiant vis-à-vis des topos grossiers qui sont mis sur les pages web. Pourtant, j’ai l’expérience du fameux Causse noir dans les templiers qui apparaît comme un modeste petit plateau sur le topo mais est en réalité une interminable section où beaucoup se découragent. Là, la première moitié de la descente est effectivement tranquille mais arrivé en bas, il faut remonter un peu en plus sur une route surchauffée. Plus très motivé et commencant à vraiment souffrir de ma tendinite, ces derniers kilomètres sont assez pénibles. La course se termine par la surprise du chef : la traversée de la rivière qui est juste en dessous du village. Non, ce n’est pas un petit gué pour faire gentiment rafraîchir ses pieds. Le courant est significatif et l’eau arrive en haut des jambes. Heureusement, une corde est tendue pour nous aider à franchir l’obstacle mais je suis quand même à deux doigts de m’étaler complètement dans l’eau. Non, décidément, que ce soit dedans, ou dessus, le liquide n’est pas mon milieu favori. Mais finalement, je suis heureux de cet intermède, un bon rafraîchissement des muscles échauffés par la course et l’arrivée n’est plus qu’à 200m. J’arrive finalement en 7h15, 55eme sur 200 sachant que le premier fait 5h14. Au final, donc, une performance moyenne mais tout de même satisfaisante compte tenu des fatigues accumulées en ce début de printemps. En tout cas, une très belle course à recommander pour ceux qui veulent se frotter à des trails moyenne distance. Pour info, la difficulté est un peu moindre que celle des templiers mais assez comparable.